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Le Galestro : le Souffle de la Mer et la Mémoire de la Roche

Pour moi, faire du vin signifie, avant tout, écouter la terre. Et s’il est une voix qui, plus que toute autre, définit l’âme de mon Brunello di Montalcino, c’est bien celle du Galestro.

Roberto Cipresso
25 Janvier 2026
5 min de lecture
#galestro #terroir #montalcino
Parfois je m’arrête, je le regarde, je le prends en main. Et inévitablement, je voyage dans le temps.

Le Galestro n'est pas seulement de la « terre » : c'est un schiste argileux, une rencontre millénaire entre l'argile et le calcaire qui affleure en écailles, en fragments prismatiques presque précieux. Mais sa véritable beauté réside dans ce qu'il ne livre pas d'emblée, dans ce qu'il faut savoir mériter.

La première leçon du Galestro est le drainage.
Lorsqu'il pleut, l’eau ne reste pas en surface : elle glisse, descend en profondeur et laisse un « silence hydrique » qui oblige la vigne à choisir. C'est une discipline naturelle : la plante doit enfoncer ses racines, pénétrer au cœur de la roche, chercher la vie là où elle n’est pas confortable. Et c'est précisément cette recherche, cette petite « fatigue » quotidienne, qui construit la complexité. Le sol reste plus sec, l’air circule, les grappes respirent : l’humidité ne domine pas, elle ne commande pas, et même l'herbe ne devient pas maîtresse. Tout est plus essentiel, plus tendu, plus vrai.
Puis il y a l’empreinte minérale, cette signature que le Galestro laisse au Sangiovese sans jamais élever la voix.
C'est un sol pauvre en matière organique, certes, ma d'une richesse de caractère immense : un dépôt de minéraux qui ne s'affiche pas comme un bijou, mais travaille comme un courant souterrain. Sur ce terroir, le Sangiovese trouve une acidité vibrante, une fraîcheur presque électrique. Et les tanins changent de visage : ils deviennent plus fins, plus soyeux, plus veloutés. Une élégance qui ne crie pas, mais qui s’impose avec grâce, comme ces personnes qui entrent dans une pièce sans avoir besoin de se présenter.

Et si vous creusez dans la mémoire la plus lointaine de cette roche, vous trouvez la mer.
Car le Galestro, c’est aussi cela : un ancien fond marin fait de limons et d’argiles que le temps a compactés, oxydés, transformés. Puis la terre a bougé, a poussé ces fonds vers le haut, les a portés vers les collines, nous les livrant avec des inclinaisons et des expositions différentes, comme les pages d'un même livre ouvertes sur des chapitres distincts.
Galestro, cave de Roberto Cipresso
Galestro, cave de Roberto Cipresso
Plus de trois cents sols collectés à travers le monde
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Sa métamorphose est fascinante : le Galestro est une roche friable, sculptée par l’eau, le temps et la glace. L’humidité pénètre dans les fissures et, lorsqu’il gèle, la roche éclate, explose en fragments, devient gravier.
C’est une matière vivante, qui semble se souvenir de son origine argileuse lorsqu'il pleut, pour redevenir roche dès que le soleil la sèche. Une mémoire qui s'allume et s'éteint, mais ne disparaît jamais.
Onctuosité, velours, soie : voilà ce que le Galestro offre au Sangiovese. Et pour moi, il n’existe pas de terroir plus idéal pour raconter l’histoire de ce cépage et la magie de notre terre, car ici chaque écaille est un mot, et chaque racine est une phrase écrite en profondeur.
Roberto Cipresso

Roberto Cipresso

Consulente Enologico e Autore. Esperto di terroir e viticoltura.

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